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LES VEILLEURS, ACTUALITÉ

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"Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à avoir de nouveaux yeux." — Marcel Proust

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Pendant cette période de confinement, la performance Les Veilleurs, d'une durée d'un an, se poursuit dans les villes de Dordrecht aux Pays-Bas et de Graz en Autriche. Les 732 participants veillent leur ville et leur région, chacun pendant une heure, au lever et au coucher du soleil, et ainsi de suite pendant 366 jours. Chaque veilleur est seul dans l’objet-abri, mais ensemble, les veilleurs forment une chaîne humaine, une communauté qui, tour à tour, protège sa ville ; une communauté identique à celle qui existe en ces temps troublés : solidaire. Je remercie chacun des veilleurs et des accompagnateurs pour leur engagement dans cette création. Chacun d'entre vous est debout, pour nous tous. Au cours des 8 dernières années, le projet Les Veilleurs s'est déroulé en continu en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Autriche, dans les villes de Belfort, Laval, Rennes, Haguenau, Freiburg, Évreux, Dordrecht et Graz. Nous avons le plaisir d'annoncer que sont en cours d'élaboration deux autres créations Les Veilleurs, à Munich d'abord, avec le Gasteig Theater puis en Ile de France ! — JL

L’investissement chorégraphique de sites spécifiques ouvre un dialogue avec l’espace lui-même et permet de mettre à jour les perceptions et les attitudes sociales dans son approche. Avec ces propositions, s’opère une relecture sensible des espaces urbains ou naturels, de ce qu’ils représentent, des processus qu’ils génèrent. Toute lecture d’un paysage ou d’un site est construite historiquement, socialement et est indissociable de la personne qui le regarde. Joanne Leighton laisse ouvert le paradoxe qui a toujours existé : est-ce le Veilleur qui observe la performance de la ville ou le passant qui regarde la performance du Veilleur ?

Le Veilleur est une personne debout – figure très pertinente aujourd'hui – qui prend la responsabilité civique de regarder et veiller sur sa ville. Chacun vient pour des raisons qui lui sont très personnelles. On garde des traces du vécu de chacun (photo, texte) et cela constitue un récit contemporain de la ville. Le projet est à double face : les histoires personnelles des Veilleurs et, en même temps, la communauté qui se crée et ce récit global que cela compose. Tout s'imbrique, cela tisse des liens entre les gens. C'est un projet poétique, mais aussi l'activation d'une forme de résistance, silencieuse et paisible.